Dans le cadre de nos interviews consacrées aux élections consulaires des Français de l’étranger, Lesfrancais.press prend aujourd’hui la direction du Liban et de la Syrie pour rencontrer Karim Faddoul, tête de liste « Ensemble au service des Français du Liban et de Syrie ». À travers cet échange, ce candidat met en avant une approche ancrée sur le terrain, transparente et engagée au service des Français du Liban et de Syrie.
À quoi servent les élections consulaires ?
Lesfrancais.press : « Que représentent pour vous les élections consulaires et qu’est-ce qui vous distingue des autres candidatures ? »
Karim Faddoul : « Ces élections représentent quelque chose de fondamental : c’est le seul moment où les Français établis hors de France choisissent directement ceux qui les représentent auprès des autorités consulaires et des pouvoirs publics français. C’est concret, c’est local, et ça touche directement le quotidien des gens, les bourses scolaires, les aides sociales, l’accès aux services consulaires. Pourtant, trop peu de Français s’y intéressent. C’est aussi pourquoi je me présente.
« Ce qui me distingue ? Je ne viens pas de la politique. Je viens du terrain. »
Karim Faddoul tête de liste – « Ensemble au service des Français du Liban et de Syrie. »
Ce qui me distingue ? Je ne viens pas de la politique. Je viens du terrain. Professionnel du développement des affaires et des partenariats depuis plus de quinze ans, consultant et expert auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Franco-libanais qui vit ici avec sa famille, je connais cette réalité de l’intérieur, pas depuis Paris. Mais surtout, je ne me présente pas seul. J’ai constitué une liste de 11 candidats aux profils complémentaires, médecins, avocate, enseignants, experts financiers, professionnels du terrain. Des gens qui vivent ici, qui partagent la même conviction, et qui s’engagent pour les 6 années du mandat. Pas juste pour la campagne. »
Lesfrancais.press : « Certains critiquent l’utilité même des conseillers des Français de l’étranger, jugés peu visibles et peu influents. Que répondez-vous à ceux qui estiment que ce mandat est inefficace ? »
Karim Faddoul : « Je les comprends. Et je ne vais pas les contredire d’un revers de main, cette perception est souvent le résultat d’expériences réelles, de conseillers élus qui ont disparu après le vote, qui n’ont pas rendu compte de leurs actions, qui n’ont pas été accessibles. Mais le problème n’est pas l’institution. Le mandat a de vraies attributions : siéger au Conseil consulaire, peser sur les décisions relatives aux bourses scolaires, aux aides sociales, à l’emploi, à la sécurité.

Participer aux travaux de l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE). Élire les Sénateurs qui représentent les Français de l’étranger au Parlement. Relayer les difficultés locales auprès du gouvernement et des parlementaires. Ce qui manque, c’est l’investissement de ceux qui occupent ce mandat. Un conseiller invisible, c’est un conseiller qui a choisi de l’être. Notre engagement est simple et clair : être présents tout au long du mandat, actifs dans les instances, et rendre compte régulièrement de nos actions à notre communauté. La transparence n’est pas une option pour nous, c’est une exigence. »
Quelles propositions pour les expatriés ?
Lesfrancais.press : « Quelles sont alors vos deux ou trois priorités principales pour les Françaises et Français de votre circonscription ? »
Karim Faddoul : « Elles découlent directement de ce que nous entendons sur le terrain. Premièrement, mettre en place un Guichet Unique Associatif, un point de contact identifié, clair, accessible, pour accompagner chaque Français dans ses démarches administratives, consulaires ou sociales. Trop souvent, les gens ne savent pas à qui s’adresser quand ils font face à une difficulté. Notre équipe travaillera de manière décentralisée, en allant vers les personnes, y compris celles qui vivent loin des grands centres urbains ou qui sont éloignées du numérique.
« La transparence n'est pas une option pour nous, c'est une exigence. »
Karim Faddoul tête de liste – « Ensemble au service des Français du Liban et de Syrie. »
Deuxièmement, défendre l’accès à l’éducation française. Au Liban, la réalité économique a fragilisé de nombreuses familles. Les frais de scolarité dans les établissements du réseau MLF représentent un poids considérable. Nous nous engageons à défendre les budgets de l’AEFE, à plaider pour une application équitable des critères de bourses, et à maintenir un dialogue constant avec les établissements scolaires.
Troisièmement, porter la réalité du Liban et de la Syrie à Paris auprès de nos parlementaires, de nos sénateurs, et au sein de l’AFE. Notre contexte est unique : instabilité économique, crise financière, situation sécuritaire, difficultés administratives spécifiques. Cette réalité doit être comprise, documentée et défendue au niveau national. Elle ne peut pas être traitée comme celle d’un expatrié classique. »
Lesfrancais.press : « La France, ses institutions et son administration vous semblent-elles bien appréhender la réalité vécue aujourd’hui par les Français de l’étranger ?
Karim Faddoul : « Pas suffisamment. Et encore moins celle des Français du Liban. Il existe une représentation souvent inexacte des Français établis à l’étranger, perçus comme des expatriés privilégiés, bien installés, peu dans le besoin. Cette image ne correspond absolument pas à la réalité de notre communauté au Liban. Nous parlons de familles profondément fragilisées par une crise économique sans précédent, par la dévaluation de la monnaie, par une instabilité chronique, par des difficultés d’accès à des services basiques. Des gens qui ont des droits en France qu’ils ne connaissent pas ou auxquels ils ne peuvent pas accéder faute d’accompagnement.

La France, ses institutions et son administration fonctionnent souvent avec des référentiels conçus pour d’autres contextes. Nos élus doivent jouer un rôle d’interface permanent, expliquer, documenter, alerter. C’est pour cela qu’une présence active à l’AFE et un lien direct avec nos sénateurs représentants les Français de l’étranger ne sont pas pour nous un objectif secondaire. C’est au cœur du mandat. »
Comment éviter une forte abstention ?
Lesfrancais.press : « Malgré la possibilité de voter par internet pour les élections consulaires, l’abstention reste très élevée. Est-ce selon vous un problème d’information, de confiance… Ou un désintérêt pour ces élections ? Quelles actions concrètes envisagez-vous pour changer cette situation dans votre circonscription ? »
Karim Faddoul : « Les trois à la fois et il serait malhonnête de simplifier. Beaucoup ne savent pas ce qu’est un conseiller des Français de l’étranger, ce qu’il fait concrètement, en quoi son rôle les concerne. C’est un problème d’information et de pédagogie. D’autres ont voté lors de scrutins précédents, n’ont jamais senti de changement, n’ont jamais entendu parler de leurs élus entre deux élections et ont tout simplement décroché. C’est un problème de confiance, légitime, construit sur des expériences réelles. Et certains, enfin, considèrent que ces élections sont trop lointaines de leurs préoccupations immédiates, c’est un problème de pertinence perçue.
« La confiance ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée, par les actes, et non dans les discours de campagne. »
Karim Faddoul tête de liste – « Ensemble au service des Français du Liban et de Syrie. »
Notre réponse à ces trois problèmes est concrète et structurée. Pour l’information : nous allons vers les gens réunions publiques, présence sur les réseaux sociaux, contenu pédagogique sur le rôle du conseiller, sur les droits des Français à l’étranger. Pour la confiance : nous nous engageons à une communication régulière et transparente sur nos actions tout au long du mandat. Pas de disparition après le vote. Des comptes rendus. Une présence réelle. Pour la pertinence : nous ancrons notre programme dans des sujets très concrets bourses, aides, démarches, éducation, sécurité. Des sujets qui touchent directement le quotidien des familles. La confiance ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée, par les actes, et non dans les discours de campagne. »
Pour les élections consulaires concernant les Français de la circonscription Liban-Syrie, 5 Conseillers des Français de l’étranger sont à élire et 1 délégué consulaire. Le scrutin se tiendra du 22 au 27 mai (12h heure de Paris) par Internet et le 31 mai à l’urne.
6 listes ont été déposées, par ordre du tirage au sort
- « La communauté française au cœur » menée par Lucas LAMAH
- « Ghassan AYOUB et son équipe : solidarité et indépendance, notre seul parti pris »
- « Union populaire pour l’écologie et la justice sociale » conduite par Moemen DABOUSSY
- Ensemble au service des Français du Liban et de Syrie » avec Karim FADDOUL comme tête de liste
- « Pour vous ! Proximité – soutien – équité » menée par Georges AZAR
- « À vos côtés – Pour un nouvel élan au service des Français au Liban et en Syrie » / Nadia EL-AZZI CHAAYA
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